3 questions à Georges Mela

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

3 questions à Georges Mela

Le maire de Porto-Vecchio a vu son Plan local d’urbanisme entièrement annulé en mai dernier.

 

Un P.L.U. annulé en totalité, ce n’est pas très commun. Quelles conséquences cela aura ?

Non, ça n’est pas très commun. L’impression que ça me donne, c’est que l’ensemble des recours ont été faits tous azimuts sur l’ensemble des zones. Que l’on soit situé sur le territoire rural ou en bord de mer. Et cela me navre. Lorsque vous voyez que le tribunal administratif qualifie la ville de Porto-Vecchio de « village »… Cette interprétation stricte des textes va poser des problèmes à la commune sur l’ensemble des autorisations d’urbanisme.

 

Cela a été un casse-tête pour établir ce document. Ce sera un calvaire pour en établir un nouveau ?

Beaucoup verront que la totalité du travail effectué était un bon travail. Au niveau du recours, vous avez plusieurs catégories de personnes. Il y a ceux qui sont toujours contre tout. Ceux qui sont contre, non pas une urbanisation du littoral, mais une quelconque habitation supplémentaire ; ils veulent donc geler les constructions en bord de mer. Et ceux qui n’ont pas été suffisamment satisfaits et qui tentent tout pour obtenir l’annulation en attaquant des zones qui porteront préjudice au document. Et enfin, il y a eu l’étude environnementale qui est venue se greffer en cours d’élaboration du document et qui en aucun cas était une obligation à l’origine… Il faudra peut-être, dans un premier temps, se passer d’un P.L.U. et transiter par une simple carte communale. Mais Porto-Vecchio est la seule ville de Corse de plus de 10 000 habitants sans P.L.U.

 

Est-il aujourd’hui possible, pour un maire, de bâtir un P.L.U. inattaquable ?

Je crois que c’est impossible. Notamment pour les communes qui ont un littoral. Dans ce cas, il semble y avoir une réelle volonté de ne pas urbaniser. Mais si tous ceux qui avaient précédé à l’assemblée de Corse avaient fait leur travail, peut-être que nous maires, aurions eu moins de difficultés parce qu’on aurait eu un véritable schéma, comme le Padduc. Mais quand vous voyez que nous avons eu un recours de la Chambre d’agriculture alors qu’il n’y a que 3 600 hectares de terres agricoles et trois agriculteurs sur la commune… Ca fait sourire !  Quand vous voyez que certains présidents d’associations qui parlent de l’urbanisation à outrance du littoral et qui parlent de défense de l’environnement mais qui vous écrivent pour avoir des espaces constructibles à proximité de la mer… Il y a encore de quoi sourire ! Si vous prenez les plans de prévention de risque inondations ou incendies, les Natura 2000, les espaces remarquables, ceux proches du rivage et ceux à fort enjeu écologique et compagnie… Et que vous superposez tout ça. Vous ne faites plus rien ! Le trait peut glisser sur la carte et si à cet endroit là, il y a des tortues d’Hermann, on vous attaque le P.L.U.

 

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Publié dans Corsica

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