Des sacs en papier pour inciter à mieux boire

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Abandonner sa bouteille de vin à peine entamée au restaurant ne sera plus un crève-cœur. L’association Flo routes de Corse qui lutte activement pour la sécurité des automobilistes, distribue depuis quelques jours 5 000 sacs en papier dans les établissements du département. Le but est de permettre aux clients de ramener une bouteille à leur domicile si celle-ci n’est pas terminée.

« Il s’agit de sensibiliser les gens en les incitant à ne boire qu’un verre ou deux lorsqu’ils mangent dehors, précise Jean-François Santamaria, président de l’association. Comme ça, ils ne dépassent pas le taux légal d’alcoolémie ». Car les personnes qui achètent une bouteille de nectar divin veulent généralement terminer le produit qu’ils ont payé.

Des mentalités difficiles à changer

Le sac est entièrement gratuit et une affiche est placée à l’entrée du restaurant afin d’informer les clients de l’opération. « Et si certains hésitent à acheter du vin parce qu’ils doivent conduire, on leur propose d’emporter la bouteille après le repas », explique Christophe Giraud du restaurant le Bouchon, participant à l’opération. Il fournit déjà ce genre de sacs depuis deux ans et a répondu à l’offre de Jean-François Santamaria.

Le sac devient même un argument de vente « D’autres ne pensaient vraiment pas boire à table, mais finalement consomment de l’alcool parce que ce service leur est proposé. Il ne s’agit pas de les forcer à moins boire, mais de les encourager à boire mieux », ajoute Christophe Giraud. Autre avantage selon le président de Flo routes de Corse, « le restaurateur peut vendre plus facilement une bouteille qu’un pichet ».

Un texte est imprimé sur le sachet afin de sensibiliser sur les dangers de l’alcool au volant, mais les comportements sont difficiles à faire évoluer. « Il est évident que plus le client est jeune, moins le système l’intéresse, note Christophe Giraud. Et puis il y a toujours cette mentalité qui fait que les gens préfèrent laisser la bouteille sur la table plutôt que de la ramener chez eux ».

Au total, seulement 5 % des clients du bouchon repartent avec leur bouteille sous le bras. Autant dire que la part des anges reste considérable.

Publié dans Corse-Matin

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