De nouvelles études sur l'impact de Tchernobyl dès 2008

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

L’aboutissement de plus d’un an de consultations est proche. Et au terme de cinq réunions, le groupe de travail sur les retombées de la catastrophe de Tchernobyl en Corse envisage de lancer une nouvelle étude scientifique dès 2008. Institué par la CTC, son objectif est « d’encadrer ces recherches par l’établissement d’un cahier des charges pour le mois de décembre », explique Jean-Louis Albertini, vice-président de l’Assemblée de Corse. Avant de le soumettre à un appel d’offres européen.

 

Composé d’élus et de membres de la société civile, ce groupe de travail a pour but « de rétablir la vérité sur cette catastrophe sanitaire à partir de données scientifiques fiables », précise Jean-Louis Albertini. C’est-à-dire tenter de mettre une nouvelle fois en relation le nombre de malades avec le passage du nuage radioactif en 1986. Un objectif qui fait l’unanimité au sein du groupe, mais qui ne pourra être atteint que si un organisme indépendant se charge de cette enquête. « Il faut un laboratoire qui ne soit rattaché à aucun ministère. C’est notre seule garantie demandée », ajoute Jean-Guy Talamoni, élu nationaliste à l’assemblée de Corse et membre de la commission.

 

Établir un registre des cancers

L’établissement d’un registre des cancers « pour prouver l’impact de Tchernobyl est nécessaire », note Josette Risterucci, conseillère territoriale communiste. Cette enquête épidémiologique serait même « le préalable indispensable à toute étude », rappelle le Dr Denis Fauconnier. Elle concernerait essentiellement les cancers de la thyroïde, mais ne négligerait pas les autres pathologies.

 

Mais si ces objectifs satisfont tout le monde, un léger désaccord persistait sur la méthode. Et notamment sur la nécessité de mener de nouveaux prélèvements de radioactivité. « Pourquoi perdre du temps et de l’argent, alors que l’on dispose déjà de données fiables ? », demande Jean-Charles Chatard, journaliste spécialiste de la question et membre du groupe de travail. La réponse apportée par Jean-Louis Albertini est simple : « il ne s’agit pas d’effectuer de nouveaux prélèvements, mais de réaliser une synthèse des travaux existants. Au fil des différentes études réalisées, le seuil de radioactivité pouvant résulter sur une maladie s’est abaissé petit à petit. Il faut le prendre en compte ». Le début des recherches est prévu courant 2008.

Publié dans Corse-Matin

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