Ficaghjola, dernier écrin de sable en pleine ville

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

L’isula, u fasgiolu et Nigri-Nigra étaient les noms des rochers qui jalonnaient le départ vers le large depuis Ficaghjola. Aujourd’hui, on n’aperçoit plus que le premier, au détour d’un virage, à la sortie du tunnel et en empruntant la voie rapide. Et si les habitants du quartier Saint-Joseph ont encore le loisir d’y déposer leurs serviettes de bain, c’est parce que la nature a choisi de ramener sable et galets dans la crique. Pour faire subsister une plage entre mer et route.

« Cela fait plus de 27 ans que je viens me baigner ici. Depuis que je suis toute petite, explique Isabelle Charliac. On connaît tout le monde et c’est un peu la plage de notre petit village ». En compagnie d’amis, elle n’a pas hésité à traverser une route très fréquentée et en prenant soin d’utiliser le passage clouté. Tout s’est passé rapidement pour elle. « Mais on attend parfois jusqu’à 5 minutes, s’indigne Alexis, un jeune plagiste. Les voitures ne s’arrêtent jamais et souvent, on passe en courant ».

« Faire appel au civisme »

Faire un pont, mettre un agent pour aider les passants venant de la Falata à gagner la mer… Chacun y va de sa proposition pour sécuriser un lieu où beaucoup d’adolescents viennent sans leurs parents. « Automobilistes et piétons doivent être prudents, rappelle Juliette Dominici adjointe à la sécurité publique à la mairie de Bastia. Tout ce que la municipalité peut faire a été fait, c’est-à-dire limiter la vitesse à 50 kilomètres par heure. Il faut faire appel au civisme des gens ».

Et la sécurité est un sujet de préoccupation pour les habitués de Ficaghjola. Notamment depuis que le poste de secours a été supprimé. « Beaucoup d’enfants viennent du quartier mais ne sont pas accompagnés », souligne Graziella Olmeta, confortablement installée sur sa serviette.

Pour Paul Giudicelli, adjoint au maire pour les sports et loisirs il est, là aussi question de « civisme. Une pancarte prévient que la plage n’est pas surveillée. Les maîtres nageurs sauveteurs ne sont pas gratuits et on ne peut pas en mettre partout. Surtout qu’il existe la plage de l’Arinella desservie par des bus gratuits et surveillée ».

Comme Toga, Ficaghjola a subi les attaques de l’urbanisme. Mais quel plaisir de pouvoir se baigner encore en pleine ville...

Publié dans Corse-Matin

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