Voyage au centre de la Corse avec les Topi pinnuti

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

La température est douce. Seulement 18° en plein mois d’août et à l’heure de midi. Mais la progression est lente et parfois acrobatique à l’intérieur des boyaux. Pouvoir admirer les merveilles du sous-sol reste un privilège qui n’est donné qu’à ceux qui osent s’aventurer dans les grottes. Les membres de l’association de spéléologues bastiais I Topi pinnuti ont choisi d’initier deux personnes à leur passion. Dans une plongée à moins 32 mètres au cœur de la Conca d’Oro.

Stalactites et stalagmites sont bien sûr au rendez-vous et certains sont même encore en formation. En témoignent les gouttelettes qui pendent encore au bout. « C’est une véritable cathédrale », s’écrie Christian Medori en pénétrant dans l’une des nombreuses salles du trou de Castiglione. « On a vraiment l’impression d’être dans le ventre de la baleine », reprend Sylvie, sa femme. Ces deux médecins ne sont pas déçus de leur voyage au centre de la Corse. Ils ont choisi de tenter l’expérience après leur rencontre avec les spéléologues lors d’un repas.

« On perd toute notion de l’espace et du temps »

« On espère voir de belles grottes avec de belles concrétions », ces sculptures dont seul le ruissellement des eaux sur la roche a le secret. Le sentiment d’oppression s’évanouit une fois les premiers mètres parcourus dans la grotte. Dès que l’on a enfin passé le premier trou de souris. Et que le groupe est entouré d’un agréable halo lumineux formé par les lampes à carbure. Mais l’impression qui domine est celle de l’absence de repères. « On perd toute notion de l’espace et du temps, note Sylvie Medori. Les quatre heures dans le trou sont parues très courtes et on peut se perdre très facilement dans les galeries ». Et la présence et l’humour des Topi pinnuti rassurent. Même lorsqu’il s’agit de faire une farce à l’un d’entre eux en éteignant toutes les lumières, une fois au fond du trou.

Mais que serait une sortie spéléo sans la présence de chauves-souris. Elles ne se sont pas fait attendre. Quelques chiroptères étaient regroupés au fond d’une cavité, à quelques dizaines de mètres de l’entrée. De surprise ou d’émotion, elles ont fait remonter la température.

Publié dans Corse-Matin

Commenter cet article