Ils naviguent sur les 3,8 mètres du Kuda Kuja!

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Plus on s’éloigne de notre point de départ et moins on nous croît », sourit Olivier Dauxais, le capitaine de ce frêle esquif. Le 15 juin dernier, il récupérait son navire à Fréjus dans le Var pour entamer un voyage en Méditerranée... dont il ne connaît pas la destination. « Je n’aime pas me fixer de projet, précise cet homme qui ne cherche absolument pas à réaliser d’exploit. Nous longeons simplement la côte ». Autant dire qu’il se laisse porter par les flots.

Mais Kuda Kuja - embarcation bien nommée puisque cela signifie « petit garçon » dans la langue des Maldives - ne se laisse pas malmener par les vagues. Malgré ses 3,8 mètres de long et ses 8 millimètres d’épaisseur, elle a parcouru bien des milles nautiques. « Nous avons longé toute la Côte d’azur en direction de l’Italie et jusqu’à Piombino. Puis gagné les îles d’Elbe et Capraia avant d’atteindre la Corse et Macinaggio ».

11 nœuds, vitesse de croisière

« Nous », car c’est bien à deux personnes qu’ils flottent sur ce bateau. Olivier navigue avec Kazuko, sa compagne. « Je n’avais jamais pensé à vivre sur un bateau », confie-t-elle. Mais les conditions sont plus proches de la survie. Sous le matelas, ils ne stockent que cinq jours de nourriture et 12 litres d’eau, « de quoi tenir trois jours au maximum, en faisant les courses.

Le budget est d’environ 200 euros par mois », explique Olivier Dauxais. Mais lorsqu’ils sont en mer, ils divisent leur réserve de liquide par deux. « Pour être plus légers et atteindre 11 nœuds » de vitesse de croisière fournis par le petit moteur 9,9. Une batterie de fortune a même été fabriquée par les navigateurs à l’aide d’un fer à souder bricolé. « Je chauffe un clou de cuivre avec une bougie », explique Olivier.

L’électricité est fournie par un petit capteur solaire qui fournit l’énergie pour « une radio VHF, un GPS, un téléphone portable » et le désormais inévitable lecteur mp3. Une cabine est aménagée à l’intérieur où un matelas se déroule, par-dessus le coffre de nourriture. Ils y passeront la nuit, sur les bords de l’Aliso, qui se jette à Saint-Florent, avant de prendre la direction de la Balagne. Et là, c’est sûr, on les croira encore moins.

Publié dans Corse-Matin

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