Encadré : L'Europe piégée sur Mars?

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Dans le voyage qui mènera l’homme sur la planète Mars, seule la construction d’un moyen de transport jusqu’à la Lune est, pour le moment, assumée par les Etats-Unis. À hauteur de 104 milliards de dollars. Pour parvenir à couvrir les autres dépenses de cette colonisation, la NASA a lancé un appel aux autres agences spatiales pour une vaste coopération internationale.

 


Après hésitation, « l’Europe entend apporter sa contribution » pour une exploration habitée de la Planète rouge, a annoncé Jean-Jacques Dordain. L’ESA planche en fait sur un programme qu’elle proposera à son homologue américaine. « Quatre scénarios sont possibles et peuvent être cumulés, explique le patron de l’Agence. Ce peut être la mise au point d’infrastructures en orbite autour de la Lune, voire à sa surface, grâce à des éléments pressurisés ». Un système de transport est aussi envisagé, mais la NASA semble ne pas vouloir coopérer là-dessus. « Enfin, des expériences scientifiques pourront être menées au cours de cette exploration », conclut Jean-Jacques Dordain.

 


Mais pour Laurence Nardon, « l’Europe doit veiller à ne pas se faire avoir sur ce programme, comme ce fut le cas sur l’ISS ». L’ESA s’est en effet trouvée piégée en orbite terrestre par de lourds investissements suspendus au bon vouloir de la NASA. Et surtout à la fragilité d’un moyen de transport unique : la navette spatiale. Personne n’a droit à l’erreur sachant que les puissances spatiales émergentes, telles la Chine et l’Inde, fourbissent elles aussi leurs projets lunaires.

Publié dans Enquêtes CFJ

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