Bali démarre pleins gaz

Publié le par Jean Sébastien Soldaini

Onze jours pour une feuille de route. Et prolonger au-delà de 2012 les obligations nées du Protocole de Kyoto visant à réduire les effets du réchauffement planétaire. Le défi semble difficile à relever pour les quelque 190 représentants de gouvernements réunis depuis lundi à Bali pour une conférence sur le climat organisée par l’ONU. Pourtant, dès hier, deux décisions importantes étaient déjà prises.

 

Les délégations sont tombées d’accord sur la création d'un groupe de travail chargé de concevoir le cadre et le calendrier des négociations qui débuteront après cette conférence. La seconde décision est plus technique. Elle vise permettre à l'un des deux organes permanents de la Convention climat de l’ONU de vérifier la bonne réalisation des transferts de technologies. Il s’agit de réduire les émissions de gaz CO2 produites par les centrales thermiques nouvellement installées dans les pays en développement, peu habitués à gérer ces outils.

 

« C'est très important que ce problème soit traité, a déclaré Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention climat de l’ONU. Les pays en voie de développement ont l'impression que les pays riches n'agissent pas assez pour transférer leurs moyens de production ».

 

De bon augure donc pour le reste de la conférence. Mais il faut dire que le nouveau Premier ministre australien a donné le ton. Il y a tout juste une semaine, Kevin Rudd, tout juste élu, a choisi de ratifier le Protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique. Premier acte officiel. « Notre position vis-à-vis de Kyoto est très claire, c’est que tous les pays développés et en développement doivent faire partie d’une solution globale », a souligné Kevin Rudd.

 

« Le Bangladesh est déjà confronté » aux effets du réchauffement

Et le geste est d’autant plus fort que son prédécesseur, John Howard, un proche de George W. Bush, a systématiquement refusé de prendre partie à ce traité. Et ce, durant les 11 ans où il est resté au pouvoir. Mais Kevin Rudd ne s’est pas arrêté là. Il a appelé Washington à lui emboîter le pas. « Nous devons voir les États-Unis devenir un pays ayant entièrement ratifié Kyoto », a-t-il souligné.

 

Les USA sont désormais le seul pays industrialisé à ne pas avoir ratifié Kyoto. Ils préfèrent éviter la solution contraignante du Protocole en plaidant pour une réduction volontaire des émissions. La Maison-Blanche souhaite aussi que les puissances économiques émergentes, notamment la Chine qui devrait bientôt accéder au titre de premier pollueur de la planète, et l'Inde, s'engagent à limiter leurs dégagements de gaz.

 

Les participants ont choisi de laisser vestes et cravates dans leurs valises pour avoir moins chaud. Et éviter la mise en route des systèmes de climatisation. Mais cela n’empêche pas la température de monter. « Ce que nous subissons en ce moment au Bangladesh correspond exactement aux prédictions des experts du changement climatique, a déclaré Mozaharul Alam, du Centre d'études avancées du Bangladesh. Ce n'est pas que cela va se passer, le Bangladesh est d'ores et déjà confronté à ces problèmes ». Ce pays a subi de plein fouet les effets d’un cyclone il y a tout juste 10 jours après une brusque montée des eaux.

 

Du côté de l’Union européenne, relativement bon élève en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, on se contente de réaffirmer des objectifs déjà établis. Soit moins 20% d’ici 2020, voire moins 30% si d’autres pays industrialisés s’engagent. De quoi maintenir Bali sur la bonne feuille de route.

 

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