Apéros Facebook: un volume d’alcoolos, cinq volumes de dégonflés

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Là aussi, la Corse voulait la jouer rebelle. A mesure que ces événements étaient interdits sur le Continent, l’idée a germé d’organiser un apéro géant : « Aiò ! Et si on en faisait un, nous aussi, pour se « chtraper » tous ensemble !, se sont sans doute dit les amateurs locaux de Facciabouc. A Ajaccio d’abord, place du Diamant. A Bastia ensuite. Et à Calvi enfin. Dans chaque ville, un millier de « courageux » avaient alors annoncé leur présence, le 21 mai dernier pour le super-méga-cool-apéro-géant-de-Facebook. Ils partirent 3 000, donc, mais ils se virent 60 en arrivant au port avec leurs bouteilles vertes de « Zilia allemande ». Ou leur whisky-coca pré-mélangé.


Mais pourquoi donc ont-ils fait demi-tour ? Peut-être parce qu’ils avaient mis un peu de honte et un zeste de peur dans leurs shakers. Une semaine avant l’événement, les groupes contre l’apéro se sont créés sur le net. Motif : ces rassemblements « c’est pour les pumataghji ». Dans ce contexte, on voyait mal un groupe de trois amis se poser en plein milieu de la place Saint-Nicolas, chips en mains, et vérifiant à plusieurs reprises que personne ne les reconnaisse sous peine d’être estampillé « Pumataghju d’or » sur Facebook avant de retourner au lycée…


A moins que ce ne soit l’attitude des autorités qui les aient décontenancés. Le préfet de Région a décidé, contre toute attente, d’autoriser les apéros géants. L’entreprise perdait alors tout son intérêt car il n’y avait plus d’interdit à braver. Mais en plus, les services de sécurité se disaient prêts à effectuer des contrôles d’alcoolémie, même sur les piétons. Ç’aurait été trop bête de se prendre un PV en plus d’une scimia.

Publié dans Corsica

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