Butler sous l'aile de Villepin

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Après avoir recapitalisé la SNCM de 60 millions d’euros en 2003, l’Etat ne pouvait plus injecter d’argent dans la compagnie sans s’attirer les foudres de Bruxelles. Le Premier ministre de l’époque Dominique de Villepin présente alors sa solution pour éviter le dépôt de bilan. Une privatisation totale de la société avec un seul repreneur candidat : Butler Capital Partners, dirigé par Walter Butler. Cet homme d’affaires franco-américain a beau présenter un « vrai projet d’entreprise », il cristallise les craintes des salariés de la SNCM. BCP est alors perçu comme un requin, plus à même de se remplir les poches en revendant ses parts que de redresser la compagnie.

Mais ce sont aussi les liens privilégiés qu’entretiennent Walter Butler et le Premier ministre qui inquiètent. Et la possibilité de s’enrichir qu’offre le chef du gouvernement à un des ses amis en vendant la SNCM au rabais.

Dominique de Villepin a bien aidé Walter Butler à réviser ses examens d’entrée à l’ENA. Walter Butler a bien intégré en 2004 le Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre. « Ils se connaissent, point barre, affirme le porte-parole de BCP. Mais ce n’est pas parce qu’ils se connaissent que cela a joué dans l’affaire ». Quant à Ange Santini, président du Conseil exécutif de Corse, il affirme n’avoir « jamais prêté cas à la liaison Villepin-Butler ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en permettant à BCP de réaliser un plus value de 60 millions d’euros en deux ans, l’ancien locataire de Matignon n’a pas mis des bâtons dans les roues de son ami.

Publié dans Corsica

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