Corse et Côte d’Azur secouées par un séisme

Publié le par Denis Nicolaï

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Le tremblement de terre de magnitude 5,3 sur l’échelle de Richter, qui n’a fait ni blessé ni dégât important, a été principalement ressenti sur l’île de Beauté.

 

SEISME Le secteur s’agite. Après une première alerte samedi dernier – de magnitude 4 et non ressentie par la population – le sous-sol marin a de nouveau tremblé, jeudi soir, à l’ouest de la Corse. A quelques encablures : 20 kilomètres de profondeur et seulement 95 du centre d’Ajaccio. Dès 21h21, les premiers soubresauts ont été ressentis sur la côte occidentale de l’île, se propageant vers le Nord. Cargèse et le Golfe de Sagone. Puis Calvi et la Balagne. Enfin, Nonza, Rogliano et la pointe Cap. Schisteuse ou granitique, toute la région a plus ou moins ressenti la secousse. Et même au-delà, dans un rayon de 200 kilomètres autour de l’épicentre, des vibrations ont été nettement perçues. Les arrondissements du bord de mer à Marseille ainsi que le Var et une partie des Alpes-Maritimes ont aussi été secoués.

 

Partout, les centres de secours ont enregistré un pic d’appels, mais c’est bien la Corse qui a le mieux ressenti la secousse en raison de sa proximité avec le l’endroit précis du séisme. Dans les minutes qui ont suivi, le C.O.D.I.S. (Centre opérationnel d’incendie et de secours) d’Ajaccio a pris en compte près de 160 appels. Cinq fois plus que la normale en cette période de l’année. « La soirée a été agitée, souligne le commandant de pompiers Antoine Campinchi. Principalement des personnes qui demandaient à être rassurées et qui voulaient savoir ce qui se passait réellement. Beaucoup nous ont aussi contactés pour savoir s’ils pouvaient sortir de chez eux sans danger ». Quant aux quelques inquiétude sur les risques de raz-de-marée, elles ont été vite dissipées par la préfecture de Corse qui a rapidement exclu tout risque de tsunami.

 

L’île s’est réveillée avec ses eaux calmes. Mais dès les premières lueurs matinales, les ruelles d’Ajaccio s’agitent après avoir tremblé. Les maraîchers qui installent leurs étals commentent leur nuit. Emilie, a « tout de suite compris ce qui se passait ». Elle était au téléphone avec sa maman, située à 30 kilomètres d’elle. Toutes deux ont ressenties les vibrations au même moment. « Cinq à six secondes, pas plus ». Chacun y va de sa comparaison : le bruit d’un avion en rase-mottes, celui d’une machine à laver en train d’essorer… Rien de tout ça pour Alain. Sur le moment, il a « cru que c’était un attentat ». Et ce n’est qu’en discutant avec les autres exposants du marché hier matin qu’il a compris qu’il avait vécu un tremblement de terre. En fin de nuit, les secours ne recensaient pour seuls dégâts que quelques fissures sur les murs des certaines villas. Bien peu face à la puissance de la secousse, équivalente à celle qui a dévasté la région de Lorca en Espagne au mois de mai dernier (magnitude 5,1), faisant 8 morts et 167 blessés. Mais dans ce cas, l’épicentre se situait à l’intérieur des terres et à seulement un kilomètre de profondeur.

 

 

Publié dans Le Figaro

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