Jean Zuccarelli : « Le nom que je porte est un capital confiance »

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Fraîchement élu au Conseil exécutif, le fils d’Emile Zuccarelli entre pleinement dans la vie politique de l’île avec ce nouveau mandat. Et n’exclut pas d’aller plus loin.

 

Etes-vous adepte des réseaux sociaux ?

Non pas vraiment. Je me suis déjà inscrit sur Facebook, mais faute d’utilisation j’ai oublié mon mot de passe…

 

Parce que, sur Facebook, il y a une photo de vous avec la coiffure de Jean Sarkozy qui insinue clairement que vous êtes un « fils de »…

(Rires) Quand je vois la photo, j’ai bien sûr envie de sourire, parce que je ne me reconnais pas tout à fait. Mais au-delà de la plaisanterie, je m’interroge sur les réelles intentions des auteurs. Est-ce simplement pour plaisanter ou pour me discréditer… Sur le fond, je ne me connais que deux points communs avec Jean Sarkozy : c’est de porter le prénom « Jean » et d’avoir une mère corse. Pour le reste, j’ai 46 ans, 20 ans de carrière professionnelle et je pourrai être son père.

 

Parlant de père, êtes-vous en politique grâce ou à cause du vôtre ?

Un peu des deux. A cause, parce que le fait d’avoir grandi dans cette famille, forcément cela vous conditionne. Ca a créé en moi le désir de m’inscrire dans une continuité d’engagement au service de l’intérêt général. Et grâce à lui parce qu’un « capital » de confiance s’est accumulé autour de son nom. Et il me permet de fédérer un peu plus rapidement. Mais s’il n’y avait que ce capital, cela ne suffirait pas. J’y ajouterai ma sensibilité et ma propre vision des choses.

 

Je parlais d’un éventuel coup de pouce…

Il y a, chez Emile, le souci de ne jamais privilégier. Je ne dis pas que ça me défavorise d’être son fils, mais il a toujours été en retrait. Certains l’ont même critiqué pour m’avoir un peu freiné.

 

Vous appelez votre père « Emile » pour les besoins de l’interview ?

Je l’appelle comme cela pratiquement tout le temps. Parfois même dans les cercles les plus restreints de la famille. Mes proches en rient parfois car j’ai de plus en plus de mal à dire « Papa » !

 

Alors étiez-vous sur la liste de « Papa » grâce ou à cause de lui ?

J’avais envie de m’engager derrière lui pour cette campagne. Il fallait des Bastiais sur la liste, des gens de l’intérieur, du sud… On a donc pensé que dans ce contingent, je pouvais être utile.

 

Au premier tour, vous êtes 17e sur la liste de votre père, au second tour vous vous retrouvez 5e sur celle de Paul Giacobbi… Belle promotion !

Vu comme ça oui. Mais je n’ai fait que remplacer Emile, sans décaler personne. Mais que n’aurait-on dit si j’étais 5e dès le départ ! Il ne faut pas voir là de passage de relai, plutôt une marque de confiance. Ce positionnement sur la liste d’union était envisagé au cas où Emile ne sortirait pas en tête de la gauche.

 

Comment ça se fait. Votre père ne voulait pas se trouver personnellement sur cette liste ?

Les gens n’auraient pas compris qu’Emile reste à l’assemblée pour occuper un fauteuil de conseiller territorial. L’enjeu d’une présidence du Conseil exécutif aurait justifié à ce moment là qu’il s’organise autrement. Ce n’aurait pas été mieux qu’il reste sur la liste pour ensuite démissionner…

 

Vous a-t-il imposé ?

Pas du tout ! Cela s’est fait en concertation avec nos colistiers, d’autant plus que je crois savoir que Paul [Giacobbi] était favorable à cette hypothèse.

 

C’est facile de vivre avec ce statut de « fils de » ?

Cela attire inévitablement des critiques. Et surtout quand on a été précédé par des grands-parents et parents qui ont eu des responsabilités politiques importantes, ça met la barre très haut. Mais je suis loin d’être un cas unique. Il faudrait presque compter les exceptions à la règle quand on observe que 3 candidats sur 4 au second tour des territoriales sont des « fils de »… Je me dis que mon cas est d’une banalité affligeante !

 

Etes-vous vraiment de gauche ?

(Fausse hésitation) Euh… Oui ! J’ai été pétri de valeurs républicaines et de solidarité dans une famille de gauche. Celles du développement partagé et de la défense des plus démunis. Dans le respect des impératifs de la gestion moderne des collectivités. Avec pragmatisme.

 

A-t-il été difficile, pour vous, de vous ranger derrière Paul Giacobbi ?

Très honnêtement non. S’il a pu avoir par le passé des positions différentes de celles d’Emile, tout le monde considère aujourd’hui que la page a été tournée. Mais surtout, sur nos valeurs politiques, nous sommes radicaux. D’autant qu’aujourd’hui personne ne conteste à Paul sa capacité à présider le Conseil exécutif.

 

Voulez-vous la présidence de l’ADEC, comme le disent certaines rumeurs ?

Nous verrons dans les jours qui viennent. Je sais que les conseillers exécutifs ont un mois pour se défaire de leur mandat de conseiller territorial. Paul nous réunira avant la fin de ce délai pour nous donner nos attributions. Ce qui compte c’est que, tous ensemble, nous réussissions. Le nombre des sujets à traiter est tel qu’il y a largement de quoi satisfaire les souhaits de chacun.

 

Vous serez aux avant-postes au cours des 4 prochaines années. Cette place à l’exécutif vous ouvre-t-elle la route pour la mairie de Bastia ?

Pour le moment, j’entends mener à bien les responsabilités qui m’incombent à la mairie de Bastia, à la Communauté d’agglomération, et celles à venir en tant que Conseiller exécutif de la CTC. Pour le reste rien n’est programmé mais rien n’est exclu.

 

Après une défaite aux législatives et une place décevante aux territoriales, est-il temps que votre père se retire de la vie politique ?

Non. Rien ne l’y oblige. Il est le Maire de Bastia chargé de mener à bien un programme pour lequel les Bastiais lui ont accordé toute leur confiance par une éclatante victoire aux élections municipales.

Publié dans Corsica

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