La Corse a voté à gauche

Publié le par Denis Nicolaï

Arrivée en tête hier soir, la gauche tient une chance historique de faire basculer l’île de beauté. Mais devra attendre un 3e tour.


La porte de l’assemblée de Corse est enfoncée. Après 26 ans d’une gestion de droite, l’union de la gauche emmenée par Paul Giacobbi est en tête au soir du second tour des élections territoriales (36,7%). Mais ne dispose pas pour autant d’une majorité absolue et devra donc chercher à s’allier avec un autre camp pour ravir la région. Le président radical du Conseil général de Haute-Corse avait pourtant ratissé large. Récupéré sur son nom l’investiture d’un parti socialiste quasi inexistant en Corse. Et étendu son union jusqu’au Front de gauche de Dominique Bucchini. Il lui faudra encore chercher l’ouverture. Vraisemblablement vers les nationalistes modérés de Gilles Simeoni (25,9%).


Ils arrivent en 3e position derrière la liste UMP conduite par Camille de Rocca-Serra et Ange Santini. Un ticket qui redresse un peu la tête après le score décevant de dimanche dernier. Ils récupèrent près de 7 points pour atteindre 28% et 11 sièges à l’assemblée de Corse. A croire que les paroles de François Fillon, en visite vendredi à Ajaccio, ont su toucher l’électorat de droite et mobiliser les abstentionnistes. Pour le Premier ministre, l’union réalisée à gauche «  n’est pas crédible. Ils se sont toujours opposés. Comment ces hommes et ces femmes qui idéologiquement pensent « contraire », pourraient aujourd’hui gouverner la Corse ? ». Pourtant, à l’issue du scrutin, personne n’est en mesure de le faire. La majorité sortante semble donc tirer profit du léger regain d’intérêt pour le scrutin insulaire (68% de participation) en repassant devant l’ensemble des forces nationalistes.


Deux listes qui ont su séduire plus d’un Corse sur trois. Mais malgré un socle commun, les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni (9,9%) continuent d’affirmer leur soutien à la lutte armée. Au contraire des autonomistes portés par Gilles Simeoni (25,9%). Il était le défenseur d’Yvan Colonna lors de son procès pour l’assassinat du préfet Erignac et ne se voit pas en arbitre : « Je préfère le rôle d’avant-centre », plaisante-t-il. Nul doute qu’il sera aux avant-postes dans les prochains jours. Avec sa liste Femu a Corsica (Faisons la Corse), c’est à son camp qu’il appartiendra jeudi de faire pencher la balance à l’assemblée de Corse. A droite ou à gauche. Les retournements de 3e tour sont aussi une spécialité locale.

Publié dans Le Figaro

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