La Corse alimentée par du gaz algérien en 2012

Publié le par Jacques Casoni

Associations et habitants de l’île n’y croyaient plus. Le raccordement au gazoduc reliant l’Algérie à l’Italie sera annoncé aujourd’hui par Nicolas Sarkozy lors d’une visite officielle à Ajaccio axée sur le développement durable.

 

Jamais serpent de mer n’aura aussi bien porté son nom. Depuis la validation en 2005 du projet GALSI (Gazoduc Algérie-Sardaigne-Italie), la Corse tente d’obtenir son raccordement au tuyau. 8 milliards de mètres cubes de gaz naturel vont transiter chaque année à quelques kilomètres de Bonifacio. Il ne fallait pas gâcher cette occasion de tourner définitivement la page des centrales au fioul.

 

Car la production d’électricité de la Corse est en grande partie assurée par deux unités vétustes. Et très polluantes. « La combustion du gaz naturel ne dégage que du gaz carbonique et de l'eau, rappelle Ange Cesari, secrétaire général adjoint pour la CGT à EDF. De plus ces émissions de gaz carbonique étant elles-mêmes réduites, la présence de polluants sera limitée. Nous aurons ainsi une baisse de CO2 de 25 à 30 % avec du gaz naturel. Et la pollution cancérigène des centrales thermiques serait supprimée ». Au total, les rejets éléments nocifs  seraient divisés par 10.

 

La dépendance énergétique de l’île ne serait pas assurée pour autant. 300 millions de mètres cubes seront nécessaires chaque année. Alors, vu la quantité, certains craignent l’instabilité politique des pays du Maghreb. « Nous ne sommes pas à l’abri d’une fermeture des robinets, comme la Russie avec l’Ukraine », note Jean-François Baccarelli, tête de liste écologiste aux prochaines élections territoriales.

 

D’autant que ce raccordement a un coût : 450 millions d’euros. Et c’est bien ce qui faisait douter les associations locales sur la faisabilité du projet. Jean-Pierre Leuteurtrois, le « monsieur GALSI » nommé par le gouvernement, tardant à fixer les modalités de financement, beaucoup ont cru que le projet de gazoduc serait enterré. Jusqu’au 10 janvier dernier et la parution au Journal officiel d’un arrêté pris par Jean-Louis Borloo. Le ministre de l’Ecologie et du Développement durable mentionnait pour la première fois le raccordement de la Corse dans un texte. « Un acte fondateur pour Camille de Rocca-Serra, député de Corse-du-Sud et président de l’assemblée de Corse. Cette publication lève toute ambiguïté car il est précisé, en plus, que les nouvelles centrales thermiques de l’île seront connectées au GALSI ». Pourtant, aucune précision sur calendrier ou sur la répartition du financement entre l’Union européenne, de l’Etat ou des Collectivités locales. Peut-être Jean-Louis Borloo a-t-il laissé le soin de ces annonces au Président de la République. Mais il n’y a pas encore eu de fuite.

 

Publié dans La Croix

Commenter cet article