La Corse va-t-elle passer à gauche?

Publié le par Denis Nicolaï

La citadelle est sur le point de céder. Surtout depuis que les quatre listes de gauche engagées au premier tour ont scellé leur union. Derrière Paul Giacobbi et son investiture socialiste, radicaux, sociaux-démocrates et communistes ont dépassé leurs divergences. En « seulement six heures », s’amuse à noter le chef de file. Il a lui-même célébré le mariage dans sa maison de Venaco, en plein centre de l’île. Comme s’il fallait respecter un équilibre. « Tout dépend maintenant des électeurs, mais cela semble bien parti », ajoute-t-il. Les différents courants cumulent 40,09% des suffrages. Tout juste suffisant pour obtenir la majorité absolue à l’assemblée de Corse avec le bonus de 9 sièges accordé à la liste arrivée en tête.


Alors l’UMP veut y croire. La droite est en place depuis 26 ans et surtout, « 4 fois 1, ça ne fait pas forcément quatre en politique », ironise Ange Santini, troisième sur la liste mais en première ligne ces jours-ci. « Il peut y avoir des déperditions de voix à gauche et un regain chez nous ». Il semble pourtant difficile d’atteindre les 30%. D’autant que les nationalistes entendent désormais jouer le rôle de premiers opposants. Divisés en deux listes, leur score de dimanche dernier est au-delà des 28%. Et ils semblent parfois parler d’une seule voix. « C’est nous qui allons gérer la région » a lancé, l’autonomiste Gilles Simeoni à Jean-Guy Talamoni l’indépendantiste. Leurs deux camps s’opposent sur la poursuite de la lutte armée en Corse. Mais si une majorité absolue peine à se dessiner, ce sont eux qui feront pencher la balance.

Publié dans Le Figaro

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