La droite menacée par la gauche et les indépendantistes

Publié le par Denis Nicolaï

L’épais maquis des alliances en décidera. Mais la gauche insulaire tient là une chance sérieuse de faire basculer une région ancrée à droite depuis 26 ans. Pour cela, il faudra trouver un terrain d’entente et organiser la fusion de quatre listes qui totalisent 41% des suffrages. « Il n’y a aucune autre possibilité, martèle Paul Giacobbi, président du Conseil général de Haute-Corse, soutenu par le PS. Ceux qui ne s’allieront pas devront renoncer à faire de la politique ». Un appel à Emile Zuccarelli (8%) et Dominique Bucchini (10,6%) principalement. Ainsi qu’au social-démocrate Simon Renucci qui ne pourra pas se maintenir avec ses 6,5%(*).


Car l’UMP, arrivée en tête, réalise un score relativement faible, 21,4%. Et il sera difficile au ticket Camille de Rocca-Serra – Ange Santini de l’emporter dimanche. Même avec l’aide de Jean Toma (MoDem) et de Tony Cardi (FN) le total, n’atteint pas 30%. Le duo sortant, investit par les militants, semble donc payer le prix d’une bataille d’égos, tant au sommet de la liste que pour les places éligibles.


De son côté Jean-Guy Talamoni savoure « la victoire du camp nationaliste ». Ils sont la surprise de ce scrutin avec près de 28% de voix recueillies entre indépendantistes et autonomistes. Les « modérés » de Gilles Simeoni s’imposent même comme la première liste d’opposition en Corse. « Un moment historique pour lui, qui vient concrétiser des années de lutte et d’engagement ». Fort de ses 18%, le jeune avocat qui rejette la violence se dit « prêt à toute discussion ». C’est donc à sa formation politique qu’il reviendra d’arbitrer le second tour si la gauche ne parvient pas à s’entendre. Gilles Simeoni pourrait aussi s’unir avec le chef de file de Corsica Libera. Jean-Guy Talamoni devra alors renoncer à son soutien à la lutte armée. Et aux forces du maquis.

 

(*) En Corse, le seuil de fusion est placé à 5%, celui du maintient à 7%.

Publié dans Le Figaro

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