La nouvelle DSP prend forme

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Pour l’instant, les futures conditions d’organisation du trafic sont toujours dans les cartons. Mais elles vont être prochainement étudiées de près. En vue d’une possible remise en cause avant 2013.

 

Elle n’a pas fini de nous faire parler cette foutue continuité territoriale. 35 ans qu’elle est là, et nous n’avons pas encore trouvé la solution pour réglementer correctement le trafic maritime entre la Corse et le Continent. Le rendre, sinon viable, le moins coûteux possible. Toutes les majorités s’y sont cassé les dents à l’Assemblée de Corse. Heurtées au monopole de la SNCM dans les premières années. Frottées aux velléités syndicales tout au long du parcours. Aux blocages du port de Marseille. Aux « blocus de l’île ». L’équation entre moindre coût pour le contribuable et pour le passager – qui sont bien souvent les mêmes – semble impossible à résoudre. Pourtant, elle avait été posée en termes plus que clairs dès l’établissement des premières conditions en 1976 : faire en sorte que passagers et fret payent le même prix qu’un trajet en train entre Marseille et Lyon. Le kilométrage étant sensiblement le même. C’est à ce système que l’Exécutif veut revenir désormais.

  

Aujourd’hui, le cahier des charges pour l’organisation des rotations de navires est en vigueur jusqu’au 31 décembre 2013. En théorie. Mais une modification des règles du jeu en cours de route n’est toujours pas exclue. Cela coûterait trop cher en indemnisation des compagnies affirment certains. Pas pour Paul-Marie Bartoli, le président de l’Office des transports de la Corse (OT.C.). « Revoir les règles de la Délégation de service public est le souhait des deux armateurs [S.N.C.M. et C.M.N., Ndlr] affirme-t-il. Nous ne faisons pas de pronostics. Pour l’instant, nous attendons la nomination de l’assistant maîtrise d’ouvrage ». Il sera chargé d’examiner toutes les possibilités d’organisation du trafic et de les soumettre à l’Exécutif. Et en cas de rupture du contrat ? « Si les délégataires acceptent une rupture à l’amiable, il n’y aura aucun problème de recours ».

  

Pour le reste, les grandes lignes se dessinent. La CTC semble déterminée à ne plus vouloir financer les ferries. « Qu’ils soient jaunes ou blancs, nous ne voulons plus leur donner d’argent public », tonne Paul-Marie Bartoli. Terminée aussi la fameuse Aide Sociale aux Passagers pour les compagnies assurant le trafic entre Toulon et la Corse : « Nous estimons que nous n’avons pas à donner de subventions déguisées aux compagnies concurrentes », ajoute le président de l’O.T.C. L’idée est, désormais, de ne payer que pour les navires mixtes, « ce sont eux dont la Corse à besoin car ils sont capables d’absorber le flux de fret et de passagers. Il y en a 7 en tout, 4 à la S.N.C.M. et 3 à la C.M.N., précise le maire de Propriano. Ce « service de base » serait appuyé pour les périodes de pointe par des conventions avec les compagnies qui le souhaitent. Et l’instauration d’un tarif résident serait à l’étude.

  

Autre probabilité, celle d’une DSP regroupant Marseille et Toulon. Aujourd’hui, seul le port phocéen y est inclus. Alors que les quais du Var restent ouverts à toute concurrence. La Corsica Ferries voit évidemment d’un mauvais œil cette mesure, craignant de fait, d’être chassée de ce point d’attache au Continent français. Le président de l’O.T.C. se veut tout de même rassurant, « il n’est pas question de chasser qui que ce soit. Rien n’empêchera les compagnies subventionnées de venir à Toulon. Nous ne voulons tout de même pas revenir au monopole de la S.N.C.M. »

 

L’ancienne compagnie publique – et surtout son fonctionnement – sont clairement mis en cause à l’O.T.C. Et si une compagnie régionale venait à voir le jour – là encore, l’idée est loin d’être écartée – elle serait basée sur le modèle de la C.M.N. « Et certainement pas sur celui de la S.N.C.M. ou de la Corsica ferries, annonce Paul-Marie Bartoli. La Corse ne pourrait pas supporter les 10 navires ». Et il y en a déjà trop. Sur les 9 millions de places offertes chaque année aux passagers, seules 3,2 millions trouvent preneur.

 

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Publié dans Corsica

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