Mais où font-ils dodo ?

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Les chaussettes sont bien remontées dans les sandales. Les shorts à fleurs, soigneusement pliés dans les valises. Tous sont dans les starting blocks. « Tous », c’est un million et demi de touristes, prêts à se ruer sur les plages ou à crapahuter sur les sommets. Bien organisés en horde sur le sable, ou à vélo, en plein virage, sur les chemins tortueux du Cap Corse. Ils vont, en seulement deux mois d’été, assurer 50% de la fréquentation touristique de l’île. Ce sont eux qui représentent la fameuse manne touristique indispensable à la survie économique de la région. Mais si les automobilistes indigènes ont pris l’habitude de les doubler sur les routes de montagne, peu s’embarrassent de savoir où ils dorment.


La plupart vont à l’hôtel ou au camping. Est-ce l’invention de la tente Quechua – qui se déplie toute seule – ou bien les prix attractifs de l’hôtellerie de plein air qui incitent de plus en plus à dormir à la belle étoile ? Difficile à dire. Mais le lit douillet et le sac de couchage font jeu égal avec chacun 20,7% d’adeptes. Ceux-là vont bien souvent payer le prix fort, selon qu’ils auront – ou pas – une vue sur la mer, au contraire des petits chanceux « qui ont de la famille en Corse » ou des amis généreux qui les hébergent gratuitement. Ils sont donc 14% chaque été à « squatter » chez l’habitant. Deux fois plus que les amateurs de clubs de vacances (7%) ou de résidences hôtelières (6,5%).


Le « tourisme nature », souvent présenté comme ayant le vent en poupe, a du mal à se distinguer. Les gîtes ruraux ne retenant que 3,9% des visiteurs. Moitié moins pour les gîtes d’étape. Et puis il y a ceux qui se louent un petit meublé paisible « à la semaine », en plein cœur de la citadelle de Bastia ou en bord de mer avec vue sur les îles Sanguinaires. S’ils sont seulement 3,5% à passer par l’intermédiaire d’une agence immobilière, 11% choisissent les facilités d’une location de particulier à particulier. Les petites annonces pullulent sur Internet : « aucun frais », « paiement en liquide », ou encore « nous n’acceptons pas les chèques ». C’est parmi eux que se trouvent vraisemblablement la plupart des locations « au black ». Quant à l’hébergement en résidences secondaires, il se situe aux alentours de 5,5%.

 

Source : Agence du tourisme de la Corse

Publié dans Corsica

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