Rosa Prosperi, « dans son village »

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Candidate indépendantiste, Corsica Libera, Ier canton de Bastia

 

Peut-être ne devrait-on plus la présenter. Mais tant pis, on se lance. Tantôt à la tribune des meetings de Corsica Libera, tantôt à la baguette pour orchestrer les blocages destinés à paralyser le port de Bastia. Rosa Prosperi traine ses cheveux noirs et courts partout où la cause natio cherche à faire ses coups d’éclats. Si elle n’est pas perchée sur 10 centimètres de talons, elle ne sort pas de chez elle. Mais l’avocate n’a pas besoin de ça pour prendre de la hauteur et se faire entendre. « Rosa » est un peu comme une icône pour les militants du mouvement. Elle a toujours été là. Sur les affiches de Corsica Viva comme dans les prétoires. Mais elle-même « ne sait pas à quand remonte sa première campagne en tant que candidate. Probablement en 88 dans une élection invalidée à Bastia. Je ne suis pas une historienne du mouvement ». Son premier mandat, elle l’obtient finalement en 2001, comme conseillère municipale de la cité génoise. A 50 ans, des campagnes, elle en a « fait des tas » depuis 1982 où elle s’implique réellement comme militante aux régionales. Toujours avec les mêmes idées qu’elle avoue « n’avoir jamais découvertes. Elles ont tout le temps été en moi. Je suis tombée ded… ». Elle se reprend : « Je ne vais quand même pas citer Obélix. Pas moi. ». Ouf ! Si elle se met à parler comme un Gaulois…

 

Mais laissons le séparatisme de côté : « Corsica Libera ne se lance pas aux cantonales pour obtenir l’indépendance du canton de Sagro-di-Santa-Giulia », sourit-elle. Ça de côté, ses problématiques restent les mêmes. Celles qui trônent au fond de la boutique nationaliste : le logement, le foncier et un peu d’aide aux personnes dépendantes. Son mouvement se lance pour la première fois dans ce scrutin. Et il était temps pour Rosa Prosperi. Elle estime que « quand on fait de la politique, on va aux élections. Moi j’y vais comme je vais au palais de justice tous les matins ». Une façon d’occuper le terrain en quelque sorte, même s’il semble être plus difficile de capter l’attention de l’électeur que d’un président de Cour. « Mais attention, prévient-elle, la Territoriale a mis aussi beaucoup de temps à démarrer l’an dernier ». Elle le concède volontiers, les élections cantonales ont « longtemps été un repoussoir » pour les natios. Les temps changent et la façon de faire de la politique pas forcément… La majorité des candidats se présentent sans « vrai programme, ni idées ». En laissant le nom faire le reste. Elle estime « faire campagne en mettant l’individu au centre, mais chacun fait comme il le veut ».

 

En attendant, elle fait comme tout le monde. Elle serre des mains sur la place du marché le dimanche matin. Au milieu des odeurs de migliacciole et de prisuttu fraîchement coupé. Pour rencontrer les électeurs, profiter de la vie de quartier et ancrer un peu plus dans sa tête que son « village, c’est Bastia ».

 

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