A Sisco, des toques trois étoiles s'activent aux fourneaux

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Les odeurs de fenouil montent titiller les narines. Et les oignons sont émincés avec plus ou moins de dextérité. L’ambiance se rapproche peu à peu d’une cuisine de grand restaurant où les appareils au design moderne viennent s’intégrer au mobilier traditionnel du Casale Santa-Catalina à Sisco. Une quinzaine personnes s’agitent autour des fourneaux. Mais cette fois l’association « La grappe joyeuse » a mis les petites casseroles dans les grandes marmites. Trois chefs étoilés ont accepté de se prêter au jeu du cours de cuisine.

 

« Je viens par curiosité. Je ne sais absolument pas faire », sourit Caroline Mecary en train de surveiller, un verre de champagne à la main, la cuisson des joues de porc dans un grand fait-tout. Mais si l’ambiance est à la détente, elle devient rapidement studieuse. Les chefs dirigent la manœuvre, les « becs fins » (adhérents de la Grappe joyeuse), prennent des notes.

 

« Les fouets électriques c’est trop facile »

La cuisine désormais, c’est tendance. « Il y a une réelle évolution, constate Laurence Garnieri. Elle dirige un atelier de cuisine à Paris et vient elle aussi mettre la main à la pâte. Les personnes qui prennent des cours sont de plus en plus jeunes. Il y a aussi plus d’hommes ». « Pour moi, les gens ont toujours cuisiné, note Alain Solivéres, chef du restaurant gastronomique Taillevent à Paris et trois étoiles au Michelin.

 

Les jeunes veulent seulement revenir aux vraies valeurs. Ils recherchent des produits de qualité ». Et ce qui plaît, c’est satisfaire les proches par une déco originale. Ou des petites astuces qui font une recette. « Ce sont les petits détails qui font qu’un plat est réussi », précise Laurence Garnieri.

 

De son côté, Bernard Pinaud, lui aussi triplement étoilé guide les élèves pour la réalisation d’un millefeuilles géant aux fruits rouges. Et non ! « Ils n’utiliseront pas le fouet électrique, c’est trop facile ». Pour lui, l’engouement pour la cuisine vient « aussi du raccourcissement des durées de travail ». En tout cas, tous trouveront volontiers le temps de se réunir au tour d’une table. La nappe blanche les attend sous les chênes. Et c’est un risotto à l’encre de poulpe qui viendra titiller leurs papilles.

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Publié dans Corse-Matin

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