L'ivresse de la première descente dans le grand bleu

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Un seul bruit. Celui des bulles d’oxygène qui traversent le détendeur. Le baptême de plongée se fait en eaux peu profondes. Mais même à 6 mètres sous la surface le spectacle et la sensation de légèreté sont là, au pied des falaises du Cap Sagro. Le moniteur parvient même à se faire oublier. Sa présence ne se détecte que rarement : lorsqu’il prend la main de ses « baptisés » pour leur faire effleurer une étoile de mer ou une éponge accrochée aux roches.

 

Aujourd’hui, ils sont cinq à se lancer pour la première fois dans le grand bain pendant 20 minutes. Bouteilles et combinaisons sur le dos. À la découverte des fonds marins. « J’en avais envie depuis l’année dernière,confie Amélie Marchand, une lyonnaise en vacances. Je ne ressens aucune appréhension car je suis relativement sportive et j’aime bien l’eau ». Une fois équipés, tous sont « briefés » avant d’embarquer. Mais « peu arrivent au club avec une crainte », explique Sylvain Poupard, un des quatre moniteurs du centre Dollfin de Sisco.

 

« On ne voit ça que dans les films »

À bord du bateau, les corps sont étriqués dans les combinaisons encore sèches. Mais tous semblent impatients d’arriver sur site. Une crique sous le sémaphore de Sagro. Thierry Doll, le directeur de Dollfin, en profite pour prendre la parole : « C’est ici que mes ancêtres romains appelés dollfinium plongeaient à l’aide de vessies de porc et de pattes de canards… » Le but : détendre les troupes et donner le temps aux trois autres moniteurs de mettre le matériel en place. Avant de descendre au contact des posidonies ou s’engouffrer timidement vers l’entrée d’une grotte.

 

Mais de retour à la surface, c’est toujours le même sourire émerveillé qui remercie les moniteurs. « Le baptême est quelque chose de gratifiant pour nous, confie Thierry Doll. C’est important de voir que l’on donne du plaisir ». Et il ne s’y trompe pas. « D’habitude, on ne voit ça que dans les films ! », sourit Amélie Marchand. Sophie, elle, « n’avait jamais vu d’étoile de mer ». Agnès, sa mère, note « qu’il n’est pas naturel d’aspirer par la bouche ». Elle s’est même surprise à « oublier » de respirer. Il faut en effet forcer un peu son diaphragme pour obtenir de l’oxygène.

 

Ces sourires feront sûrement de nouveaux adeptes de la plongée sous-marine. « Environ 30 % des personnes baptisées reviennent pour une nouvelle expérience », précise Thierry Doll. Ce jour-là, ils étaient cinq à faire leur entrée dans ce monde. En silence.

Publicité

Publié dans Corse-Matin

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article