Un espion russe passe l'arme à l'Ouest

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

"Mourir pour des idées, d'accord... mais de mort lente". Après six jours d'une saga nourrie par les spéculations, Alexandre Litvinenko l’ex-agent du FSB (ancien KGB) et opposant déclaré du président russe Vladimir Poutine, est décédé jeudi soir après une aggravation brutale de son état de santé dans les dernières 24 heures.

 

Le thriller Litvinenko s’apparente plus à un mauvais James Bond. Et nous renvoie au bon vieux temps des histoires stéréotypées de la Guerre froide. Lorsque des millions de personnes suivaient, fascinées, les rebondissements de l’histoire et où apparaissaient à chaque épisode les services secrets et leurs méthodes douteuses. L’affaire a même un goût de « kompromats », ces révélations publiées par la presse des années 1990, pour salir les réputations et faire tomber des têtes.

 

Litvinenko, « un ennemi de l’intérieur »

Certes Alexandre Litvinenko est au carrefour des scandales qui ont accompagné la montée en puissance du président Poutine et le déclin de l’ancienne éminence grise du Kremlin version Eltsine, Boris Berezovski. Un homme d’affaires sulfureux qui a juré la perte du président russe. Pas étonnant que ce dernier soit à l’origine des rumeurs désignant le Kremlin comme commanditaire de l’élimination de cet « ennemi de l’intérieur ».

 

Le FSB déteste les traîtres. Et Litvinenko irritait le pouvoir russe et connaissait sans doute des secrets d’Etat. Jusqu’à menacer de dire la vérité sur le meurtre d’Anna Politkovskaïa, la journaliste russe tuée par balles à Moscou le 7 octobre dernier.

 

Mais les accusations qui pèsent sur la Russie ne s’appuient-elles pas, seulement, sur une longue tradition de méfaits visant à la disparition d’opposants ?

Publié dans Réactions-Opinions

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