Ecoloclaste

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

I Verdi Corsi connaissent désormais celui qui marchera sur leurs plates-bandes. Jean-François Baccarelli a été investi le 24 novembre à Paris pour défendre le pré carré du Mouvement écologiste indépendant en Corse. Et il n’envisage pas de se mettre au vert.

 

Des portables, il en a trois. Pourtant, cela n’a pas suffi pour tenter de joindre Nicolas Hulot ou Yann Arthus-Bertrand. « Chaque fois que j’ai appelé leurs proches, on me répond qu’ils sont occupés ! ». Jean-François Baccarelli veut donc se « méfier du business vert ». Son affaire à lui, c’est plutôt l’écologie citoyenne. « Je suis simplement un amoureux de ma terre. Pas un scientifique ». La technique, il laisse ça à Vanina Baron-Giusti, avocate spécialisée dans le droit de l’environnement et deuxième sur la liste Protégeons la Corse.

 

Dans son cabinet, ils se répondent du tac au tac. Se complètent. Elle pour les coups de sang. Lui pour les coups de chaud : « Les Corses voient chaque jour à la télé les conséquences de la montée des eaux. Mais on ne voit jamais l’impact du réchauffement climatique sur notre île qui est pourtant bien réel. Après tout, pourquoi est-ce qu’on ne serait pas nous aussi qualifiés pour la coupe du monde ?, plaisante Jean-François Baccarelli. A Pineto, le sable se fait grignoter ! ».

 

La Marana. Un exemple et un refuge pour ce chef d’escale de 44 ans. Quand il en a marre du tumulte du port de commerce de Bastia, c’est sur la lagune qu’il trouve son bol d’air. Qu’il résout ses problèmes. « Simplement en regardant l’horizon », dit-il. Un peu comme un guetteur. D’ailleurs, des sentinelles, il en veut partout et de toutes les couleurs. Des brigades vertes pour protéger la montagne en été. Des bleues pour surveiller les côtes. « Nos ports ne sont pas suffisamment équipés pour gérer l’afflux de touristes. Nous n’avons pas assez de gardes-côtes. Il y a des phares en Corse qui pourraient servir de points de vigie, d’autant que nous savons où stationnent les navires responsables de pollutions… »

 

Mais Jean-François Baccarelli ne se contente pas de traîner sur les rivages. Le maquis et ses décharges sauvages l’inspirent aussi. « Alors là c’est rigolo ! Elles sont interdites, mais tolérées, sourit-il. Les maires ne prennent aucune sanction, quant à l’assemblée, elle a été incapable de dresser un état des lieux et de recenser ces dépotoirs. Notre territoire n’est pas immense. On n’est quand même pas en Californie… » L’Etat de l’ouest américain est pourtant en pointe en matière d’écologie. Mais n’est pas Schwarzy qui veut. Alors Jean-François Baccarelli se contenterait bien d’un ministre de l’environnement auprès du président de l’Exécutif de Corse.

 

Quelqu’un capable de prendre en main le dossier de l’énergie par exemple. Et engager une véritable chasse au gaspi. « Chez vous, vous éteignez la lumière en sortant. Il serait intelligent de faire de même dans nos rues, entre minuit et 5 heures du matin », propose le leader du mouvement écologiste indépendant (MEI). Justement, l’indépendance. Il la veut, mais uniquement sur le plan énergétique. Selon Jean-François Baccarelli, la Corse doit subvenir, elle-même, à 80% de ses besoins. Le Galsi, il est pour, mais il « faudra gérer avec l’instabilité d’un pays comme l’Algérie. Et ça ce n’est pas un bon point », affirme-t-il. Alors, plutôt que de regarder vers le sud, il préfère lever les yeux au ciel. Vers le Soleil. « Nous en avons tous les jours en Corse, il serait bien d’équiper tous les bâtiments publics » de panneaux photovoltaïques.

 

Après la poussée verte des dernières élections européennes et le sommet de Copenhague, le MEI espère encore un bon score. « On dérange beaucoup, affirme Jean-François Baccarelli. Et au risque d’étonner la Corse, nous serons au second tour des territoriales. » Peut-être viendra alors la question des alliances. « Pour le moment, aucune n’est envisagée. Nous n’avons de contact avec personne et nous n’en voulons pas ». Les trois téléphones vont rester sur « silence ».

 

Publié dans Corsica

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