Tzek se la joue "Beau gosse"

Publié le par Jean-Sébastien Soldaïni

Il se disait « seul comme une chienne ». Mais son retour sur les planches, en solo, lui a permis de se rendre compte que son public n’est pas près de l’abandonner sur une aire d’autoroute. Alors Jacques Leporati affine son personnage de Tzek. A partir du 20 novembre, il se transforme même en « Toc de petsò ! »

 

Chaque artiste en rêve. Un livre, un album, un spectacle de la « maturité ». Et bien là non ! Tzek approche de la quarantaine – 38 ans selon nos sources –, un âge où il fait bon se poser. Pourtant lui, il veut changer. « Il veut être mieux physiquement, intellectuellement. Mais en suivant sa propre logique », sourit Jacques Leporati. « Attention, ce n’est pas le baullò primaire non plus… »

 

Son personnage bien sûr il le connaît. 13 ans qu’il l’incarne. Et peut-être même que, dans l’intimité, il lui offre des séances de psychanalyse gratuite. Le soir, sur son divan. « Tzek il est fou ! Mais attention, c’est une folie gentille. Douce. Il n’est pas psychopathe ou déviant, c’est pas un truc qui m’intéresse. » Juste un peu allumé. L’animal ne serait donc pas seul dans sa tête. Ni sur scène. Sur la route de la beaugossitude, il croise d’autres personnages. Tous ou presque, inspirés de la rue. Des petsò eux aussi. Rencontrés au supermarché, parce que « Tzek doit faire attention à son alimentation ». A la télé ou dans des salles de sport. Mais n’espérez pas le voir faire de l’exercice.

 

En fait, il n’en a pas besoin pour ressembler à son idole. Jacques Leporati ne veut pas révéler l’identité du modèle. « Faut pas sortir les cacciate avant le spectacle. » Il précise simplement que c’est « tout ce qui peut être bien chez un artiste ». Du coup, Tzek se plonge dans les magazines de mode. Sa rubrique préférée ? « On a testé pour vous ». Alors il essaye pour nous tout un tas de produits… Et pose en tenue légère sur l’affiche de son spectacle. Seul. En bon mannequin qu’il est. Et tant pis pour les seconds rôles : « il y aura des cracheurs de feu, des femmes à poil, des jongleurs et peut-être des éléphants. Pour ça, j’attends l’autorisation d’Alexis Grüss… » Un mégalo notre Tzek ? « Non, puisque frate Platini on l’a mis à l’entrée pour vendre les billets !! »

 

« Toc de petsò ! » est la suite de « Seul comme une chienne ». Et si le dernier spectacle racontait les trois ans d’absence après la séparation du duo bastiais, ce sont bien les nouvelles aventures de Tzek qui nous seront livrées. Le bougre reste un peu gauche. « Il garde son aspect un peu lunaire, précise Jacques Leporati. Mais ça lui arrive de s’énerver aussi. Attention, ce n’est pas une guimauve avec des jambes en chamallows !! ». Le personnage effacé, voire dominé, de la doublette Tzek et Pido a désormais tendance à s’affirmer. Il devient plus complexe. « C’est pour moi un challenge de trouver et de montrer ses différentes facettes, confie l’auteur. Même si en fin de compte il est comme nous, avec ses états d’âme. » Comme nous, mais pas tout à fait comme Jacques Leporati : « Tzek ne sort pas en nights ». Bizarre pour un petsò. Mais finalement, peut-être qu’il a mûri.

 

Publié dans Corsica

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